Antonio De DOVITIS.
Homme de confiance auprès du pouvoir en Uruguay, Antonio De Dovitis est tailleur de son état, il dirige une vaste entreprise de fournitures militaires. Italien d'origine, né à Picerno, De Dovitis est de confession juive, il a dû émigrer en Uruguay avec toute sa famille après la spoliation de ses biens en Italie.
Installé à Montevideo, au 6 Rue du 18 Juillet. Cet entrepreneur a de nombreux contacts commerciaux en Europe, en France, en Angleterre et en Allemagne en particulier puisque c'est à Duisburg, près d'Essen, qu'il achète à Félix Bishoff les lames de sabres et d'épées qu'il fait monter pour les officiers uruguayens.
C'est à lui que s'adresse le président Julio Herrera Y Obes, en 1894, pour prendre la direction d'une commission d'achat destinée à ramener d'Europe des armes modernes, mais De Dovitis manque d'expérience en matière d'armes portatives. Il compense cela par ses relations dans les cercles militaires, ses appuis politiques. Quelques semaines après son départ de Montevideo, il rente au pays après avoir dépensé tous les crédits alloués.
Il ramène avec lui des fusils dépassés depuis près de 20 ans, payés à prix d'or sur le budget de l'armée. Loin du triomphe qu'il attendait, son arrivée est saluée par un tollé général. La cargaison débarquée est constituée de vieux Mauser 1871 à un coup. Le pays crie à la trahison, mais les armes sont là et la mise en dotation de ces fusils complique d'autant les approvisionnements en munition. Le Mauser chambre bien une cartouche de 11 mm, mais cette dernière n'est pas interchangeable avec la cartouche de 11 mm Espagnole.
C'est ici qu'intervient Paul Darche, agent de la SF.A.P. en Uruguay. Il contacte l'état-major et propose de transformer les vieux Mauser 71 dans les ateliers des ses commanditaires de Saint-Denis pour en faire des armes modernes. Un accord est rapidement signé et les armes repartant pour la France où elles sont transformées à l'usine de Saint-Denis.
Le contrat qu'il vient de négocier avec l'Uruguay fixe le prix de la transformation, au calibre de 6,5 Daudeteau, des Mauser 71 à 9,45 pesos par fusil et 10,10 pesos pour les carabines. Une baïonnette particulière est réalisée pour les fusils d'infanterie.
Utilisé par l'armée, puis par la milice jusqu'en 1905, le Mauser-Daudeteau eest encore largement employé par les forces gouvernementales en 1904, lors de la révolution qui oppose les troupes du général Saravia chef du Partido Blanco, aux réguliers du président José Batlle Y Ordóñez.